Le port des amulettes et leur prétendue capacité dannuler les effets du mauvais il et de la jalousie
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Premièrement, nous navons pas pu retrouver les hadith que lauteur de la question nous demande de vérifier à cause de notre manque de connaissance au sujet de ces hadith précisément. Lauteur de la question nous indique quils se trouvent dans le tome 50 du Muwatta alors que lédition que nous connaissons consiste en un seul tome ! Cest pourquoi nous allons citer les hadith que nous pouvons évoquer à ce sujet puis nous expliquerons, sil plaît à Allah, le jugement émis par les ulémas à leur égard. Peut-être certains dentre eux font-ils partie de ceux que vous voulez :
Daprès Abd Allah ibn Massoud, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) détestait dix choses : lusage du parfum jaune (khalouq), la teinte des cheveux (en noir), le port dun pagne trop long, le port dune bague en or (pour les hommes), la frappe du sol par larrière du pied pour faire apparaître les bijoux portés aux chevilles), lexhibition des bijoux en dehors des endroits appropriés, la pratique de lexorcisme avec dautres moyens que les Protectrices, le port damulettes, le détournement de leau (sperme) de son cours (naturelle) et la détérioration de la santé dun enfant. Mais il ne prohibait pas [les rapports sexuels avec une femme en période dallaitement] (rapporté par an-Nassaï, 50880 et par Abou Dawoud, 4222). Le terme khalouq désigne une espèce de parfum de couleur jaune.
« le détournement de leau (sperme) de son cours naturel » signifie son détournement du sexe féminin.
« La détérioration (vulnérabilité) de « lenfant » signifie que si les rapports sexuels avec une femme en période dallaitement entraîne une grossesse celle-ci provoque la détérioration de la qualité du lait de lallaitante (ce qui fragilise lenfant qui sen nourrira).
« Il ne le prohibait pas » signifie quil réprouvait quon ait des rapports sexuels avec une femme allaitante, mais ne linterdisait pas.
Ce hadith a été jugé faible par Cheikh al-Albani dans Dhaif an-Nassaï, 3075.
Daprès Zaynab, la femme dAbd Allah Ibn Massoud, celui-ci a dit : « Jai entendu le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) dire : « Certes, le recours à lexorcisme, le port damulettes et lusage de Tiwala relèvent du chirk ».
- « Je lui ai dit : pourquoi dis-tu cela ? Au nom dAllah ! Mon il me faisait mal et je fréquentais un guérisseur juif et son exorcisation calmait la douleur ».
- Abd Allah dit : ce nétait dû quà une intervention de Satan ; il te touchait de sa main puis sen éloignait quand le juif texorcisait. Il te suffit de dire ce que le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) avait lhabitude de dire, à savoir : « Fais disparaître le mal, ô Maître des humains ! Guéris car tu es le Guérisseur. Point de guérison en dehors de celle que Tu opères ; elle ne laisse subsister aucune affection (rapporté pas Abou Dawoud, 3883 et par Ibn Madja, 3530). Ce hadith a été déclaré authentique par Cheikh al-Albani dans as-silsila as-sahiha, 331 et 2972.
Uqba ibn Amir affirme avoir entendu le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) dire : « Puisse Allah ne jamais mener à bon terme les affaires de quiconque porte une amulette. Puisse Allah ne jamais accorder Sa protection à quiconque porte une wada (curie ?) (rapporté par Ahmed, 16951).
Ce hadith a été jugé faible par Cheikh al-Albani dans Dhail al-djami, 5703.
Daprès Uqba ibn Amir al-Djuhani, le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) accueillit un groupe de personnes et reçut le serment dallégeance de neuf dentre eux et sabstient den faire de même pour le dixième.
« Vous avez reçu le serment dallégeance de neuf et ne lavez pas fait pour celui-ci ? ! »
« Il est porteur dune amulette »
Lhomme introduisit sa main et coupa lamulette. Cest alors que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) reçut son serment dallégeance et dit : « Quiconque porte une amulette tombe dans lidolâtrie » (rapporté par Ahmad, 16969).
Ce hadith a été déclaré authentique par Cheikh al-Albani dans as-silsila as-sahiha, 492.
Deuxièmement, Tamaïm (amulettes) est le pluriel de tamima. Celle-ci désigne ce que lon attache autour du cou des enfants et des adultes ou le met dans les maisons et les véhicules en fait de perles et dans le but de protéger contre le mal notamment le mauvais il ou de se procurer un avantage.
Voici les propos des ulémas concernant les différents types damulettes et le jugement porté sur chaque type. Les propos renferment aussi des avertissements et des remarques utiles :
Cheikh Soulaymane ibn Abd al-Wahhab a dit : « sachez que les ulémas parmi les compagnons et leurs successeurs et ceux venus après eux ont eu des avis divergents à propos du port des amulettes dont le contenu est extrait du Coran, des noms et attributs divins. Un groupe dentre eux affirme que cela est permis. Ce groupe comprend Abd Allah ibn Amr ibn al-As et dautres. Cet avis est encore apparemment partagé par Aïcha, et il est adopté par Djaafar al-Baqir et Ahmad, selon une version. Ils interprètent le hadith (allant dans le sens contraire) comme devant sappliquer aux amulettes entachées de chirk. Quant à celles tirées du Coran et des noms et attributs divins, elles sont assimilables à lexorcisme pratiqué sur la base de ces mêmes éléments. Je dis que cet avis correspond apparemment au choix dIbn al-Qayyim.
Un autre groupe affirme que cela nest pas permis. Cest lavis dIbn Abbas et Ibn Massoud. Il est aussi apparemment partagé par Houdhayfa, Uqba ibn Amr et Ibn Ukaym (P.A.a). Cet avis fut adopté par un groupe de la génération des successeurs immédiats des Compagnons notamment les disciples dIbn Massoud. Cest aussi lavis dAhmad, selon une version choisie par un grand nombre de ses disciples et déclarée résolument juste par les générations postérieures de ses disciples. Ils tirent leurs arguments du hadith sus-indiqué et dautres abondant dans le même sens. La portée dudit hadith est apparemment générale, car elle ne fait aucune distinction entre les amulettes tirées du Coran et les autres. Ce qui est différent de lexorcisme dans laquelle cette distinction est nettement établie. Ceci est corroboré par le fait que les Compagnons qui ont rapporté ledit hadith ont compris que sa portée était générale, comme lindiquent les propos dIbn Massoud cités plus haut.
Daprès Abou Dawoud, Issa ibn Hamza a dit : « Je me suis rendu auprès dAbd Allah ibn Ukaym et ai découvert quil portait des tâches rouges. Je lui ai dis : « pourquoi ne portes-tu pas une amulette ? » « QuAllah men protège ! Le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Quiconque attache quelque chose (amulette, talisman) à son corps sera abandonné à cette chose-là ».
Ce qui précède reflète une divergence de vues au sein des ulémas au sujet du port des amulettes confectionnées avec des éléments tirés du Coran et des noms et attributs divins Que dire de ce qui a été inventé après eux en fait de formes dexorcisme opéré avec lusage de noms de démons et dautres faits à laide dobjets que lon accroche et auxquels on se cramponne pour se protéger. En plus lon égorge [des animaux] en leur mémoire et les sollicite pour écarter un préjudice et réaliser un bien. Ce qui est un chirk pur adopté cependant par le majorité des gens ,à lexception de ceux quAllah a bien voulu en sauver ?
Méditez sur ce que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit et sur la conduite de ses compagnons et leurs successeurs immédiats et les déclarations des ulémas postérieurs relatives à ce chapitre et aux autres chapitres du livre Regardez ensuite ce que les dernières générations ont inventé, vous aurez alors une vision claire de létat étrange dans lequel la religion du Messager (bénédiction et salut soient sur lui) baigne dans tous les domaines. Allah est le seul garant de lassistance.
Tayssir al-Aziz al-Hamid (p. 136-138).
Cheikh Hafiz Hakami a dit : « Même si les amulettes ne contiennent que des éléments tirés du Coran et des hadith authentiques et clairs, la divergence de vues relative à leur port a bel et bien opposé les ancêtres pieux comme les Compagnons, leurs successeurs immédiats et les générations postérieures. En effet, les uns lont permis, comme cela a été rapporté dAïcha (P.A.A), dAbou Djaafar Muhammad ibn Ali et dautres ancêtres pieux. Les autres sy sont opposés, lont réprouvé et estimé quil nétait pas permis. Parmi ce groupe figuraient Abd Allah ibn Ukaym, Abd Allah ibn Amr, Uqba ibn Amir, Abd Allah ibn Massoud et ses disciples comme al-Aswad et Alqama et ceux venus après eux comme Ibrahim an-Nakhaï et dautres (puisse Allah le Très Haut leur accorder Sa miséricorde).
Nul doute que linterdiction est plus à même décarter tout prétexte pouvant servir à justifier une croyance prohibée en particulier à notre époque. Sil est vrai que la majorité des Compagnons et leurs successeurs immédiats qui ont vécu à des époques nobles et saintes et qui étaient animé dun cur rempli de foi, lavaient réprouvé, il est tout aussi vrai que le port des amulettes mérite beaucoup plus dêtre réprouvé à notre époque marquée par des épreuves et des troubles. Comment en pourrait-il être autrement alors que la permission (du port des amulettes) a été exploitée comme un moyen et un astuce pour justifier des pratiques interdites ? Il en est ainsi du procédé qui consiste à écrire dans le cadre de la confection dun talisman un verset, une sourate ou la basmala (au nom dAllah ) ou dautres éléments pour y ajouter par la suite des éléments démoniaques que ne connaît que celui qui est au fait du contenu de leurs livres.
Une des conséquences de la propagation des amulettes est que celles-ci empêchent leurs utilisateurs à se confier à Allah, le Puissant et Majestueux pour les pousser à dépendre des écrits quils portent. Pire, les fabricants damulettes intimident leurs clients, même quand ces derniers sont absolument sains.
En effet, il arrive que lun des fabricants damulettes sadresse à une personne, qui lui fait confiance et à laquelle le charlatan veut soustraire de largent, pour lui dire : « telle ou telle chose te frappera ou frappera ta famille ou tes biens » ou lui dire « tu as un compagnon issu des djinns » ou dautres propos semblables. Et puis il lui décrit des choses, et des signes précurseurs provenant dinstigations sataniques, et tente par ce biais de lui faire croire que ses prédictions sont infaillibles et quil est tout compatissant à son égard et très soucieux de lui procurer des avantages.
Quand le cur de lignorant et idiot est gagné par la peur à cause des révélations qui lui sont faites, il se détourne de son Maître et se tourne entièrement et résolument vers le charlatan pour se réfugier auprès de lui et se confier à lui, à lexclusion dAllah, le Puissant et Majestueux et lui dire : « Comment échapper à ce que vous avez décrit ? Quel moyen faudrait-il utiliser pour le repousser ? [Il lui parle] comme sil était le seul à pouvoir nuire ou profiter. A ce stade, le charlatan réalise son espérance et commence à nourrir une grande ambition au sujet du don que son client pourrait lui faire. Le charlatan lui dit ensuite : « si vous me donnez tant et tant, je vous ferai une amulette protectrice longue de tant et large de tant il se met à lui faire une description (détaillée) de son intervention grâce à des paroles embellies et lui déclare que lamulette est efficace contre telle et telle maladies Ne voyez vous pas que nous sommes déjà en face du chirk mineur ? Pire ! Cest une déification dun autre quAllah. Cest la dépendance dun autre que Lui.
Cest le recours à un autre que Lui. Cest se fier aux actes des créatures. Cest renoncer à sa religion. Satan aurait-il réussi à faire passer cet astuce sans lentremise de son frère issu des démons à visage humain : «Dis: "Qui vous protège la nuit et le jour, contre le (châtiment) du Tout Miséricordieux?" Pourtant ils se détournent du rappel de leur Seigneur. » (Coran, 21 : 42).
Par ailleurs, il (le charlatan) mélange ses talismans avec des éléments coraniques. Et lusager le porte même quand il nest pas en état de propreté rituelle, il conserve lamulette même quand son état de propreté rituelle est rompu par une souillure mineure ou majeure. Il le porte partout et ne lui reconnaît aucun caractère saint incompatible avec son contact avec une chose quelconque Au nom dAllah, personne na méprisé le livre dAllah comme ces athées prétendument musulmans lont fait !
Au nom dAllah, le Coran na été révélé que pour être lu et appliqué à travers lobservance de ses ordres , labandon de ses interdits, ladmission de ses informations, le respect de ses limites, la méditation de ses exemples, la réflexion sur ses récits et la croyance en lui : « Tout vient de notre Maître ».
Ces gens-là (les fabricants damulettes) ont annulé tout cela et lont jeté loin derrière eux et nont conservé que les lettres afin den faire un moyen comme les autres de gagner une substance illicite.
Si un roi ou un prince écrivait à lun de ses sujets pour lui dire de faire une telle chose ou de sen abstenir et de transmettre lordre ou la défense à ceux placés sous son autorité et si le premier destinataire de la correspondance la prenait et refusait de la lire et sabstenait de ce fait de réfléchir sur lordre et la défense (quelle contient) et ne la transmettait pas aux autres destinataires mais se contentait de lattacher autour de son cou ou son épaule et ne tenait aucun compte de son contenu, le roi lui infligerait la peine la plus sévère et le punirait de la pire manière Que dire alors de la révélation de lOmnipotent aux cieux et sur la terre, Celui qui constitue lidéal suprême dans le ciel et sur la terre, Celui qui est le seul à mériter la louange ici-bas comme dans lau-delà, Celui vers qui les affaires retournent ?
Adorez-le. Confiez-vous à Lui. Il me suffit ! Point de dieu en dehors de Lui. Je me confie à Lui. Il est le propriétaire de limmense Trône :
« Si elles (les amulettes) dérivent dautres sources que les Deux Révélations , elles sont alors sans nul doute entachés du chirk. Bien plus, elles ressemblent aux flèches de divination dans leur éloignement des pratiques caractéristiques des musulmans.
Si elles (les amulettes) dérivent dautres sources que les Deux Révélations comme les talismans des juifs et des adorateurs des temples, des étoiles et des anges, et des utilisateurs des djinns et leurs semblables, ou sont fabriqués à partir de khazar, darcs de cercles en fer ou dautres matières, leur port relève du chirk sans aucun doute. Cest parce quelles ne font pas partie des moyens licites ni des remèdes connus.
Leurs usagers leur confèrent des vertus intrinsèques qui les rendent apte à éradiquer les douleurs delles-mêmes. Cest le pouvoir que les idolâtres de lépoque antéislamique reconnaissaient à leurs idoles.
En outre, les amulettes ressemblent aux flèches de divination dont les gens de lépoque antéislamique se munissaient et les utilisaient quand ils voulaient réaliser une affaire. Ces flèches étaient au nombre de trois : lune portait linscription : « fais », une autre linscription « ne fais pas » et la troisième ne portait rien. Quand le tirage faisait sortir celle qui porte « fais » lon exécutait son projet. Quand il faisait sortir celle qui porte « ne fais pas », ou sabstenait. Quand celle dépourvue dinscription sortait, ou reprenait toute lopération. Allah le Très Haut nous y a substitué la prière de consultation et Son invocation. QuIl en soit loué.
En somme, les amulettes tirées dune source autre que le Coran et la Sunna sont assimilables auxdites flèches auxquelles elles ressemblent en ceci quelles impliquent une fausse croyance, contraire à la loi (musulmane) et étrangère aux pratiques des musulmans. Cest-à-dire celles qui caractérisent leur manière de vivre. En effet, les adeptes de lunicité absolu dAllah sont très éloignés de ces pratiques, car la foi qui les anime est assez importante pour les rendre invulnérables à de telles croyances. Ils sont assez importants et assez convaincus pour ne pas avoir besoin de se confier à un autre quAllah ou de se fier à Lui. Cest auprès dAllah que lon cherche assistance. Voir Maaridj al-qaboul, 2/510-512.
Linterdiction du port des amulettes même extraites du Coran est lavis de nos maîtres religieux :
Les ulémas de la Commission Permanente ont dit :
« Les ulémas sont tous davis quil est interdit de porter des amulettes non extraites du Coran. Cependant, il y a divergence de vues en leur sein au sujet de celles dont le contenu provient du Coran. Certains en ont autorisé le port alors que dautres lont interdit. Cette dernière position est plus plausible compte tenu de la portée générale des hadith et de la nécessité de bannir les prétextes.
Cheikh Abd al-Aziz ibn Baz, Cheikh Abd Allah ibn Ghoudayyan et Cheikh Abd Allah ibn Qaoud.
Fatawa de la Commission Permanente, 1/212
Cheikh al-Albani (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Cette aberration ne cesse de se propager au sein des bédouins, des paysans et de certains milieux durbains. Les manifestations en consistent dans les perles accrochées au rétroviseur par certains automobilistes, et la vieille chaussure accrochée à lavant ou à larrière du véhicule, et le fer à cheval fixé à lentrée de maison ou de la boutique pour conjurer le mauvais il, selon eux. Il en existe dautres qui tendent à se généraliser à cause de lignorance de la foi en lunicité absolue dAllah et les pratiques polythéistes et idolâtres qui lui sont incompatibles et pour léradication desquelles les messagers ont été envoyés et les livres révélés. Ce nest quauprès dAllah quon doit se plaindre de lignorance et de léloignement de la religion qui prévalent au sein des musulmans contemporains
Silsilatou al-ahadith as-sahiha, 1/890- (492).
Allah le sait mieux
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
Daprès Abd Allah ibn Massoud, le