Les droits des époux
Louange à Allah
LIslam a prescrit à chacun des époux des droits. Dautres droits sont partagés entre les conjoints.
Nous citerons avec laide dAllah les droits que chacun des époux doit à lautre selon les enseignements du Livre et de la Sunna et les explications fournies par les ulémas.
Premièrement, les droits réservés à lépouse.
Elle a des droits financiers qui concernent la dot, la dépense et le logement. Elle a aussi des droits non financiers comme la répartition équitable des tours entre les épouses, le bon traitement et la protection contre toute nuisance.
1/ Droits financiers
a- La dot : cest un bien dû à lépouse par son époux dès la conclusion du mariage ou sa consommation. Cest un droit que lhomme doit à la femme en vertu de la parole du Très Haut : «Et donnez aux épouses leur dot, de bonne grâce. » (Coran, 4 : 4). Létablissement de la dot vise à montrer limportance du contrat et à honorer la femme et à rehausser son prestige. Le versement de la dot nest pas une condition préalable à la conclusion du mariage ; il ne constitue pas non plus un élément essentiel dans le contrat de mariage selon la majorité des jurisconsultes. Ce nest quun des effets de la conclusion du contrat. Si celui-ci était conclu sans précision de la dot, il nen serait pas moins valide selon lavis de la majorité des jurisconsultes en vertu de la parole du Très Haut : «Vous ne faites point de péché en divorçant d' avec des épouses que vous n' avez pas touchées, et à qui vous n' avez pas fixé leur dot...» (Coran, 2 : 236)
Le fait dautoriser la répudiation avant la consommation du mariage et avant la fixation de la dot, indique quil est permis de ne pas mentionner la dot au moment de la conclusion du contrat. Si la dot est toutefois précisée au moment de létablissement du contrat, il faudra verser la somme fixée. Si rien na été précisé, la femme a droit à une dot égale à celle des femmes de son rang social.
b- la dépense
Tous les ulémas soutiennent le caractère obligatoire de la dépense faite par les époux au profit de leurs épouses pourvu que ces dernières se livrent à leurs conjoints. Si elles se refusent à eux ou séloignent deux, elles perdent ce droit. Le caractère obligatoire de la dépense sexplique par le fait que la femme est réservée à son mari aux termes du contrat de mariage ; il lui est interdit de quitter le foyer conjugal pour gagner sa vie sans sa permission. Cest pourquoi il doit assurer son entretien alimentaire de manière suffisante, à condition quelle se mette à sa disposition et lui permettre de jouir delle.
Par dépense on entend la fourniture de tout ce dont lépouse a besoin en matière de nourriture et de logement. Cela doit lui être assuré, même si elle est riche, compte tenu de la parole du Très Haut : « Au père de l' enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. » (Coran, 2 : 233). Allah, le Puissant et Majestueux a dit encore : «Que celui qui est aisé dépense de sa fortune. » (Coran, 65 : 7).
Selon la Sunna, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit à Hind bint Utba, la femme dAbou Soufyan ,qui sétait plainte de linsuffisance de son entretien alimentaire, « prélevez de ses biens de quoi tassurer toi-même et tes enfants un juste entretien alimentaire ».
Daprès Aïcha, Hind bint Utba vint dire au Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui)
ô Messager dAllah ! Abou Soufyan est un homme trop avare, il ne nous assure pas mes enfants et moi-même un entretien alimentaire suffisant et je suis même obligé de prélever de ses biens à son insu.. Aurais-je commis un péché ?
le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) lui dit : « Prenez de ses biens ce dont vos enfants et vous-mêmes avez besoin équitablement » (rapporté par al-Boukhari, 5049 et Mouslim, 1714).
Daprès Djabir, le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit au cours de son pèlerinage dadieu : « Craignez Allah dans (vos rapports avec) les femmes. Vous les épousez avec la garantie dAllah et vous vous permettez davoir des rapports intimes avec elles grâce à la parole dAllah. Elles vous doivent de ne pas accueillir sur votre lit une personne que vous détestez. Si elles le font, frappez-les légèrement. Vous devez assurer leur subsistance et leur habillement de façon équitable » (rapporté par Mouslim, 1218).
c Le logement
Cest un droit de lépouse. Il consiste à lui affecter un logement en rapport avec les moyens et la fortune du mari conformément à la parole du Très haut : « Et faites que ces femmes habitent où vous habitez, et suivant vos moyens.» (Coran, 65 : 6).
2/ Droits non financiers
a Le traitement équitable des épouses
Les coépouses ont le droit dêtre traitées équitablement par rapport à la répartition des tours, à lentretien alimentaire et à lhabillement.
b - la bonne compagnie
Lépoux doit traiter son épouse avec douceur et faire preuve à son égard dune belle conduite et chercher à gagner son cur en vertu de la parole du Très Haut : « Et comportez- vous convenablement envers elles.» (Coran, 4 : 19) et : « elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance.» (Coran, 2 : 228).
Selon la Sunna, Abou Hourayra (P.A.a) a rapporté que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Prenez bien soin des femmes » (rapporté par al-Boukhari, 3153 et Mouslim, 1468).
Voici des exemples du bon ménage qui régnait entre le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) qui est le Modèle et ses femmes.
1/ Zaynab bint Abi Salama a raconté à ce dernier que Um Salamata avait dit : « Jai vu mes règles alors que jétais en compagnie du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) sous une tente et je me suis dérobée pour aller mettre mes sous-vêtements de protection. Le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) ma dit : « Es-tu indisposée ? « Oui, ai-je répondu. Et puis il ma invitée à rentrer dans la tente avec lui.
Zaynab dit encore : « Elle (Um Salamata) ma raconté quil (le Prophète) lembrassait tout en observant le jeûne et quelle prenait le bain rituel avec lui, les deux puisant de leau dans le même récipient à la suite de la souillure majeure (due aux rapports intimes). (rapporté par al-Boukhari, 443 et par Mouslim, 892).
Urwa ibn Zoubayr a rapporté quAïcha a dit : « Au nom dAllah ! Jai vu le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) debout devant la porte de ma chambre alors que les Abyssiniens jouaient de leurs javelots dans la mosquée du Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) ; il me couvrit de son manteau de manière à me permettre de les voir les voir et resta debout jusquà ce que je décidai de méloigner. Imaginez létat desprit dune gamine éprise de (manifestations de) distraction. (rapporté par al-Boukhari, 1068).
Daprès Aïcha, la mère des croyants, (P.A.a), le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) priait assis et récitait en cette posture, et quand il ne lui restait que 30 ou 40 versets à réciter, il se remettait debout et les récitait en cette posture. Et puis il se mettait en posture de génuflexion puis il se prosternait puis il faisait de même dans la raka suivante. Quand il avait achevé sa prière, il regardait ; sil sétait rendu compte que jétais toujours éveillé, il me parlait. Autrement, il se couchait. (rapporté par al-Boukhari, 1068).
e Ne pas porter préjudice à lépouse. cest un des principes de lIslam. sil est prohibé de porter préjudice à des personnes étrangères, il lest a fortiori pour lépouse.
Daprès Ubada ibn Samit, le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) a jugé dans ce sens : « Ni préjudice (à infliger) ni dommage à subir (rapporté par Ibn Madia, 2340). Le hadith est déclaré authentique par limam Ahmad, al-Hakim, Ibn Salah et dautres.
Voir Khoulassat al-Badr al-mounir, 2/438.
Parmi les choses sur lesquelles le législateur attire lattention figure le non recours à une correction physique sévère. Daprès Djabir ibn Abd Allah, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit au cours du pèlerinage dadieu : « Craignez Allah dans (vos rapports avec) les femmes. Vous les épousez avec la garantie dAllah et vous vous permettez davoir des rapports intimes avec elles grâce à la parole dAllah. Elles vous doivent de ne pas accueillir sur votre lit une personne que vous détestez. Si elles le font, frappez les légèrement. Vous devez leur assurer la subsistance et lhabillement de façon équitable » (rapporté par Mouslim, 1218).
Deuxièmement, les droits du mari sur son épouse
Ces droits sont plus importants que ceux de lépouse sur son conjoint en vertu de la parole du Très Haut : «les hommes ont cependant une prédominance sur elles.. » (Coran, 2 : 228). Al-Djassas a dit : « Allah le Très Haut nous informe dans ce verset que chacun des époux a des droits sur lautre et que le mari en a un qui lui est exclusivement réservé, à savoir le droit dêtre obéi.
Ibn Arabi a dit : « ceci indique clairement que lépoux est supérieur à lépouse et que ses droits priment les siens en matière matrimoniale ».
Parmi les droits figure ce qui suit ;
a Lobéissance obligatoire, Allah a confié à lhomme la direction et lorientation de la femme de la même manière que les gouvernants veillent sur les affaires des gouvernés. Ceci est dû aux dons physiques et intellectuels dont Allah a doté lhomme et les charges quIl lui a imposées en conséquence. A ce propos le Très Haut dit : «Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu' Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu' ils font de leurs biens.» (Coran, 4 : 34).
Ibn Kathir a dit : « Daprès Ali ibn Talha Ibn Abbas a dit : « Les hommes ont autorité sur les femmes» signifie quils sont leurs chefs et quelles doivent leur obéir dans le cadre de lobéissance prescrite par Allah et elles doivent soccuper de leurs parents et bien gérer leurs biens. Cest aussi ce que Muqatil et Suddi et ad-Dhahhak ont dit. Le Tafsir dIbn Kathir, 1/492.
b être entièrement à la disposition du mari
Le mari a le droit de jouir librement de sa femme. Quand on épouse une femme apte à avoir des rapports intimes, elle doit, dès que le mari le demande après la conclusion du contrat, se mettre entièrement à la disposition du mari. Mais on doit lui remettre une avance sur la dot et lui donner le temps de se préparer à la cohabitation. Ce temps peut durer un jour ou trois selon la demande de lintéressée puisquil sagit dun délai peu important et habituellement acceptable.
Si après tout lépouse refuse davoir des rapports intimes avec son mari, elle commet un péché majeur, à moins quelle ait une excuse légale comme le cycle menstruel, le jeûne obligatoire, la maladie ou dautres choses semblables.
Daprès Abou Hourayra (P.A .a) le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) : « Chaque fois quun homme invite sa femme au lit et quelle refuse de lui répondre de manière à provoquer sa colère, elle est maudite par les anges jusquau matin » (rapporté par al-Boukhari, 3065 et par Mouslim, 1436).
e ne pas permettre à quelquun que le mari déteste dentrer chez lui.
Lépouse doit éviter damener chez elle une personne que le mari déteste. A ce propos, Abou Hourayra (P.A.a) a rapporté que le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Il nest pas permis à la femme de jeûner en présence de son mari sans son autorisation ; il ne lui est pas permis non plus de faire venir quelquun chez lui sans sa permission » (rapporté par al-Boukhari, 4899 et par Mouslim, 1026).
Daprès Soulayman ibn Amr ibn Al-Ahwas, son père lui a raconté quil avait participé au pèlerinage de ladieu en compagnie du Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) et que le Messager avait loué Allah et dit « Prenez bien soin des femmes car elles sont « prisonnières » auprès de vous. Vous ne pouvez leur en réclamer plus, à moins quelles ne commettent une turpitude abominable. Si elles le font, boycottez-les au lit et frappez-les légèrement. Si elles reviennent à vous obéir, ne leur en demandez pas plus, vous avez certes des droits sur vos femmes et celles-ci ont des droits sur vous. Vos droits consistent à ce quon ne pas permet pas à quelquun que vous détestez de sinstaller sur votre lit ou dentrer chez eux. Les droits des femmes sur leurs maris consistent dans le bon traitement, lhabillement et la nourriture. » (rapporté par at-Tirmidhi, 1163 et qualifié par lui de « beau et authentique et par Ibn Madia, 1851).
Daprès Djabir, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « « Craignez Allah dans (vos rapports avec) les femmes. Vous les épousez avec la garantie dAllah et vous vous permettez davoir des rapports intimes avec elles grâce à la parole dAllah. Elles vous doivent de ne pas accueillir sur votre lit une personne que vous détestez. Si elles le font, frappez-les légèrement. Vous devez assurer leur subsistance et leur habillement de façon équitable »» (Mouslim, 1218)
d Ne pas sortir de la maison sans la permission du mari.
Lépouse ne doit quitter le foyer conjugal sans lautorisation de son mari. Les chafiites et les hanbalites ont dit : elle ne peut pas sortir pour se rendre au chevet de son père malade sans la permission de son mari. Celui-ci peut même la lui refuser puisque lobéissance au mari est une obligation pour elle. Or on nabandonne pas une obligation pour se livrer à une action qui nest pas obligatoire.
e la correction
Lépoux peut corriger convenablement son épouse si celle-ci lui désobéit parce quAllah a donné lordre de corriger les femmes en les boycottant au lit ou en les frappant en cas de désobéissance.
Les Hanafiites ont mentionné quatre situations dans lesquelles un conjoint peut corriger sa conjointe. Il sagit de labandon de lusage dune parure (jugée indécente), du refus des rapports intimes sans une excuse légale, de labandon de la prière, de labandon du foyer conjugal sans lautorisation du mari.
Parmi les arguments qui indiquent la légalité de la correction figurent ces paroles du Très Haut : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu' Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu' ils font de leurs biens. » (Coran, 4 : 34) et : «Ô vous qui avez cru! Préservez vos personnes et vos familles, d' un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres.» (Coran, 66 : 6).
Ibn Kathir a dit : « Selon Qatad il sagit de leur donner lordre dobéir à Allah, de leur interdire de Lui désobéir et de soccuper deux (les membres de la famille) conformément à lordre dAllah, de les inviter à se conformer à cet ordre, de les aider. Si vous les voyez désobéir à Allah vous les en empêchez et le leur interdire ». Le Tafsir dIbn Kathir, 4/392.
f Servir le mari.
Cela est soutenu par de nombreux arguments dont certains sont déjà cités.
Cheikh al-islam Ibn Taymiyya a dit : « elle doit servir son mari correctement ; comme une femme doit le faire pour un homme comme lui. Cela varie selon les conditions (dexistence). La bédouine ne peut pas servir comme une citadine. Le service fourni par une femme forte nest pas comme celui fourni par une femme faible ».
Al-fatawa al-Koubra, 4/561.
g La disponibilité de la femme à légard de son mari.
Une fois le contrat de mariage dûment établi et conforme à ses conditions de validité, la femme doit se mettre à la disposition de son mari et lui permettre de jouir delle parce que la conclusion du contrat implique que la contrepartie soit livrée, à savoir la possibilité de jouir de lépouse au moment même où la dot devient redevable à celle-ci.
h Assurer le bon ménage au mari en vertu de la parole du Très Haut : «elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance..» (Coran, 2 : 228).
Al-Qurtubi a dit : « Daprès ibn Abbas, cela signifie quon leur doit en matière de bon traitement léquivalent de ce quelles offrent à leur mari en fait dobéissance dans tout ce qui leur est prescrit au profit du mari. Lon dit aussi que (le verset 2 : 228) signifie que les époux ne doivent pas porter préjudice à leurs épouses et inversement. Cest lavis de Tabari. Ibn Zayd a dit : vous craignez Allah dans vos rapports avec elles comme elles doivent en faire autant envers vous. Ces explications sont proches les unes des autres. Mais la portée du verset sétend à tous les droits conjugaux
Le Tafsir dAt-Tabari, 3/123-124. Allah le sait mieux.
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
