Quel est le montant des dots offertes aux Mères des croyants (les épouses du Prophète) selon la monnaie actuelle?
Lexplication de la dot minimale est rapporté dans le hadith n° 1425 par Mouslim dans son Sahih daprès Sahl Ibn Abd Allah as-Saidi qui a dit « Une femme se présenta au Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) et lui dit : ô Messager dAllah, je vous fais don de ma personne. Puis le Messager dAllah la regarda de haut en bas puis baissa sa tête. Quand la femme saperçut quil navait rien décidé à son sujet, lun des Compagnons se leva et dit : Messager dAllah, si vous navez pas besoin delle, donnez-la à moi en mariage. Le Messager lui dit : est-ce que vous avez quelque chose à lui offrir ?
- Non, dit-il -
Allez chez votre famille pour voir si vous trouverez quelque chose. Lhomme partit puis revint dire : non, au nom dAllah, je nai rien trouvé. Le Messager dAllah lui dit : cherche même une bague en fer pour le lui offrir. Puis il partit et revint dire : non, ô Messager dAllah, je nai trouvé même pas une bague en fer.
Mais je pourrais lui offrir la moitié de mon pagne. Le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) lui dit : « que ferait-elle de votre pagne ? Si elle le portait, il ne lui servirait à rien ». Lhomme sassit longuement puis se leva et le Messager le vit partir.
Ensuite il le fit convoquer et lui dit : « Avez-vous mémorisé une partie du Coran ? » - Il dit : jai mémorisé une telle et telle sourate - les savez-vous bien par coeur ? - Oui, - Allez, je vous la donne en mariage pourvu que vous lui appreniez ce que vous savez du Coran ».
Ce hadith indique que la dot peut être un bien important ou insignifiant avec le consentement des époux car une bague en fer est infiniment insignifiante. Tel est lavis de Shafii et celui de la majorité des ulémas anciens et leurs successeurs. Il est aussi partagé par Rabia, par Abou Zinad, par Ibn Abi Dhib, par Yahya Ibn Said, par Layth Ibn Said, par ath-Thawri, al-Awzaï, Muslim Ibn Khalid, Ibn Ai Layla, Dawoud, les jurisconsultes parmi les traditionalistes et Ibn Wahb parmi les disciples de Malick. Cest également lavis de lensemble des Hidjaziens, des Basriens, des Koufis, des Shamiens et dautres. Tous ceux-là soutiennent que tout objet accepté par les deux époux comme dot peut lêtre, quil soit important ou insignifiant comme une cravache, des chaussures, une bague en fer et choses pareilles.
Quant aux dots offertes aux Mères des croyants, Mouslim a rapporté dans son Sahih (1426) daprès Abi Salamata Ibn Abd Rahman quil a dit : jai demandé à Aïcha, lépouse du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) combien le Messager dAllah offrait à titre de dot ?
Elle dit : les dots quil a offertes à ses épouses sélèvent à 12 onces et un nash. » Puis il dit :
- savez-vous ce qui est un nash ?
- Non
- Cest un once. Voilà cinq cents dirhams, la somme des dots versées par le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) à ses femmes.
Lérudit Ibn Khaldoun a dit : « Sachez quun consensus sest dégagé depuis le début de lIslam et lépoque des Compagnons et leurs successeurs sur le fait que 10 dirhams légaux pèsent 7 mithqal ( = 25 grammes environ) et que lonce représente 40 dirhams ou 7/10 de dinar. Ces équivalences sont arrêtés par consensus. » Muqaddima dIbn Khaldoun, p. 263.
A lépoque du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui), le dinar équivalait à 12 dirhams. De nos jours, le dinar pèse 4,2,5 dor de 24 carats. Aussi le total des dots versées aux femmes du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) sélevait-il à 500 dirhams, soit 41 dinars et demi environ, soit 176,375 grammes dor. Si le prix dun gramme est de 9 dollars par exemple - ce qui est le cas actuellement à titre approximatif, le total des dots perçues par les femmes du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) équivaut en monnaie actuelle à 1587 dollars environs.
Allah le sait mieux.
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
