ÉMIGRATION VERS L'ABYSSINIE
Les persécutions commencèrent au milieu ou à la fin de la quatrième année de la prophétie. Dabord insignifiantes, ces persécutions, jour après jour et mois après mois, sintensifièrent et saggravèrent au milieu de la cinquième année, de manière si violente quils ne pouvaient plus vivre à la Mecque.
Il fut recommandé de penser à une stratégie propre à les préserver de latrocité des supplices. Face à cette situation la sourate Az-Zoumar (les groupes) fut révéler au sujet de lémigration. Une telle sourate déclare que la terre dAllah nest rien détroit :
« Ceux qui, ici bas font le bien auront une bonne récompense. La terre dAllah est vaste et les endurants auront pleine récompense, sans compter » (les groupes : 10).
Le Messager dAllah (pbsl) savait que le Négus, roi dAbyssinie était un roi juste auprès de qui on ne ferait du tort à personne. Alors, il ordonna aux musulmans démigrer en Abyssinie pour sauver leur religion des épreuves.
Les Kourachites sacharnèrent sur les émigrants et les autres musulmans que leurs propres clans tribaux attaquaient aussi. Il leur était difficile dadmettre la nouvelle selon laquelle de Négus avait bien reçu et traité les émigrants. Face à cette situation, le Messager dAllah (pôle) ne put sempêcher de demander à ses compagnons de retourner en Abyssinie. Ces deuxièmes émigrations étaient plus dure que la première car les Kouraichites sy attendaient et tenaient à la faire échouer. Cependant les musulmans étaient plus rapides. Allah leur ayant facilité le voyage, ils parvinrent en Abyssinie avant de se faire rattraper. Cette fois la délégation comportait 83 hommes si lon compte Ammâr- dont lon doute de lémigration- et 18 ou 19 femmes.
Le complot des Kouraichites contre les musulmans émigrés en Abyssinie
Les associateurs tenaient coûte que coûte à empêcher les émigres de trouver un refuge pour eux même et pour leur religion. Aussi, choisirent-ils deux hommes robuste et intelligent à savoir Amr ibn Al-As et Abdoullah ibn Abi Rabîaa- avant leur conversion à lIslam quils envoyèrent, chargés des cadeaux les plus précieux, auprès du Négus et de ses patriarches. Les deux hommes, munis des cadeaux, arrivèrent chez les patriarches auxquels ils fournirent des arguments en faveur de lexpulsion des musulmans et, après que ceux-ci seraient daccord de proposer au Négus de les expulser, rencontrèrent le Négus même à qui ils offrirent les cadeaux et parlèrent en ces termes : « Ô Roi !Il se réfugie dans votre pays de jeunes stupides qui, ayant quitté la religion de leur peuples, nont pas pour autant embrassé la vôtre. Ils ont apporté une religion quils ont créée de toutes pièces et que personne ne connaît, ni nous, ni vous-même. Aussi, avons-nous été dépêchés auprès de vous par les nobles de leur peuple, par leurs pères, leurs oncles et leurs clans qui vous demandent de les leur rendre, car ils veillent sur eux mieux que quiconque et savent mieux que quiconque ce quils ont eu à leur reproche ».
Les patriarches dire : « Effectivement ! Sire ! Rend-les leurs ! Quils retournent avec dans leur pays et auprès de leur peuple ! ».
Le Négus malgré tout tenait à examiner la question et à écouter toutes les parties. Il envoya donc chercher les musulmans qui, ensuite, se présentèrent, prêts à dire la vérité sous toutes ses formes. Le négus leur dit : « quelle est donc cette religion pour laquelle vous vous séparez de votre peuple, sans embrasser la mienne, ni aucune des autres religions ? .
Jaafar ibn Abi Tâlib, le porte-parole des musulmans dit : « Sire ! Nous faisions partie des gens de lignorance et comme eux nous adorions les idoles, mangions de la charogne pratiquions la fornication, rompions les liens de parenté et maltraitons nos voisins. Les plus forts parmi nous se nourrissaient des plus faibles. Nous ne cessions de vivre de la sorte où Allah nous envoya un messager quil choisit parmi nous, un Messager dont nous connaissons la généalogie, la franchise, lhonnêteté et la chasteté, qui nous appela à Allah que nous devons adorer et considérer comme Dieu unique, nous départissant de tout ce que nous adorions dautre que Lui, nous et nos ancêtres, comme pierres et idoles. Il nous ordonna le franc parler, la restitution des choses confiées, le culte de la parenté, le bon voisinage, labsentions des choses interdites et de leffusion du sang. Il nous interdit la fornication, le mensonge, labus des biens des orphelins, laccusation des femmes chastes et vertueuses, nous ordonnant dadorer Allah, Lui Seul, sans Lassocier à rien ni à personne, de prier, de sacquitter de la Zakat(purification des biens) et dobserver le jeune. Sur ces bases, nous avons cru en lui et en sa mission, nous lavons suivi dans la pratique de la religion quil nous a apportée. Aussi, avons-nous adoré Allah Lui Seul, sans lassocier à rien dautre, avons considéré comme illicite ce quon nous a interdit et comme licite ce quon a ordonné. Alors notre peuple nous a indexés, torturés, tourmentés à cause de notre religion, cherchant à nous ramener à ladoration des idoles au lieu dAllah le Très Haut, aux perversités que, jadis, nous considérons comme licites. Lorsquils nous eurent contraints maltraités et traqués, ne nous laisse aucune chance de pratiquer notre religion, nous fuyâmes vers votre pays car, nous vous avons choisi à lexclusion des autres, pour être sous votre protection et nous espérons, Sire, quauprès de vous, nous ne subirons aucune forme dinjustice ». Le Négus dit alors : « Peut-tu me dire tant soit peu de quAllah a révélé ? » « oui » répondit-il Jaafar . Le Négus lui dit : « Alors, récite le moi » Jaafar commença par « Kâf, Ha, Ya, Ain, Sâd » ; le début de la sourate Mariam (marie). Ma foi le Négus pleura alors, à se mouiller leurs livres lors quils eurent
Entendu la sourate.
Le Négus dit ensuite aux évêques : « il ne fait pas de doute que ceci et ce que Moussa avait apporté sortent de la même niche « Se retournant vers les deux émissaires il dit « Allez vous-en ! je ne vous les livrerai pas. Ils sont sous ma protection ». Amr ibn Al-As et son compagnon sortirent, mais le premier dit au second : « Je jure sur Allah que demain je reviendrai avec de quoi les faire expulser ». Abdoullah ibn Rabîa sadressa à lui en ces termes : « Ne le fais pas. Ce sont des parents, même sils nous ont contrariés ».
Cependant Amr ibn Al-As persista dans sa démarche et, le lendemain dit au Négus : « Ils disent des choses étranges de Isa le fils de Marie ».
Celui-ci envoya chez les musulmans leur demander ce quils pouvaient bien dire au sujet du Messie. Les musulmans paniquèrent mais sentendirent entre eux pour ne dire que la vérité.
Dès leur arrivée, à la cour, le Négus les interrogea et, alors, Jaafar répondit : « Nous disons de lui ce que nous a apporté notre prophète (pbsl) à savoir quil est le serviteur, le messager, lesprit et la parole insufflé à la vierge Marie ». Le Négus ramassa un bâton à terre et dit : « C que tu viens de dire ne dépassa pas la vérité sur Isa ibn Mariam que de la longueur de ce bâton ».
« Si » ajouta-t-il, voyant que ses patriarches faisaient la moue. Il dit aux musulmans : « Allez ! vous êtes en sécurité sur ma terre quiconque vous insulte paiera une amende, quiconque vous insulte paiera une amende, quiconque vous insulte paiera une amende. Je naimerais pas avoir une montagne dor si je devais lobtenir en portant une préjudice à lun dentre vous ».
Il dit ensuite à son entourage : « Rendez-leur leurs cadeaux. Je nen ai pas besoin. Je jure quAllah navait pas reçu de moi des pots de vin en me rendant mon royaume. Pourquoi donc y prendrais-je des pots de vin ? Jobéirai à la volonté des gens aussi longtemps que ceux-ci obéiront à ma volonté ».
Oumm Salamah qui racontait cette histoire dit : « Les deux émissaires sortirent renfrognés avec tout ce quils avaient apporté. Nous, nous fûmes bien logés et traités ». Il sagit dun rapport fait par ibn Ishaq. Certains mentionnèrent que lenvoi de Amr ibn Al-As chez le Négus eut bien lieu après la bataille de Badr. Dautres soutiennent que lenvoi auprès de ce Négus eut lieu deux fois mais que les questions et réponses mentionnées par ibn Ishaq. Après tout le contenu des questions formulées montre bien quil sagissait là de la première plainte adressée au Négus.