JUPITER
La planète géante du système solaire. Elle pourrait engloutir plus de 1400 Terres, et sa masse est 318 fois celle de la planète bleue. Elle pèse à elle seule, 2.5 fois plus que toutes les autres planètes du système solaire, leurs lunes, les astéroïdes et comètes rassemblés. Immense boule de gaz (c'est pourquoi elle peut contenir 1400 fois la Terre, mais n'a pour masse "que" 318 fois celle de la Terre) et de liquide, sans surface solide, Jupiter est surtout faite d'hydrogène et d'hélium.
Parachutez-y une sonde spatiale (comme la sonde Galilée en 1995), et celle-ci s'enfoncera dans la masse gazeuse. L'énorme pression des couches atmosphériques se fera une joie de comprimer et détruire la pauvre sonde (Galilée n'a vécu que quelques heures avant de rendre l'âme, mais cela fut assez pour transmettre une moisson de données aux terriens). Il ne fait pas bon respirer dans l'atmosphère jovienne: elle regorge de vapeurs d'ammoniac.
Un mystérieux phénomène dans l'atmosphère jovienne a depuis longtemps intrigué les scientifiques. Il y existe dans l'hémisphère Sud, une grande tache rouge en forme d'ovale, tel un oeil gigantesque fixant son regard sur le Cosmos. Cette immense masse gazeuse tourbillonnante et turbulente est présente sur Jupiter depuis au moins quatre siècles! Comment se fait-il que ce tourbillon de gaz ne s'apaise jamais ? Qu'est-ce qui alimente sa fureur ?
Les hypothèses les plus folles et les plus invraisemblables ont été avancées. Au XIXème siècle (eh oui, on scrutait déjà très bien le ciel à cette époque), on pensait que c'était une grosse coulée de lave qui s'était échappée d'un volcan à la surface de Jupiter. On sait maintenant que cette explication ne tient pas la route, car Jupiter n'a pas de surface solide. Dans les années 1940, l'hypothèse d'une immense bulle d'hydrogène et d'hélium flottant dans l'atmosphère de la planète géante comme un oeuf flottant entre deux eaux a eu le vent en poupe. Puis les choses en restèrent là, jusqu'à l'avènement des sondes spatiales Voyager 1 et 2, petites merveilles technologiques qui s'en allèrent visiter les planètes extérieures, et firent une moisson de découvertes extraordinaires qui modifièrent complètement notre vision du système solaire.
Voyager 2 "survola" Jupiter et scruta en détail la grande tache rouge. La sonde vit un énorme tourbillon de gaz aux tonalités brunes et oranges aussi éclatantes que celles d'une toile impressionniste. Sa taille a varié au cours des siècles. Lors de la visite de Voyager 1 et 2, la tache était légèrement plus grande que la Terre. Mais à son maximum, elle est tellement immense (40 000 kms par 14 000 kms), qu'elle pourrait à elle seule engloutir trois Terres.
Ce gigantesque maelströöm est emprisonné au milieu d'énormes bandes de nuages horizontales, de couleurs alternativement claires (zones de haute pression) et foncées (basse pression). Les bandes sont parallèles à l'équateur en raison de la rotation extrêmement rapide de Jupiter. Le spectacle évoquait un ouragan terrestre de taille démesurée. Mais ceci ne pouvait être le cas, puisqu'un ouragan tire son énergie dévastatrice de la chaleur libérée lors de la condensation de masses d'air humide en pluie. Or, il n'y a pas de tromble de pluie qui se déversent dans l'atmosphère de Jupiter.
Quelle est alors l'explication ?
Ce tourbillon multiséculaire peut se comprendre comme un système "auto-organisant" (cela explique le caractère durable du phénomène) une région stable, crée et maintenue par le chaos responsable de toute l'agitation ou turbulence environnante. Un îlot de stabilité, dans un océan d'instabilité, un havre de structures au milieu d'une tempête de non-structures. Juxtaposition de l'ordre et du désordre.
Ah vraiment, si Nous savions qui est Allah.
En mémoire à notre Frère Salaam
Qu'Allah le prenne dans sa miséricorde
