La biographie de l'imam Al-Boukhari

Publié le par Din

 

 

Le personnage que tout le monde ne désigne plus aujourd'hui que sous le simple noms de El-Boukhari, avait pour nom complet: Abou Abdellah Mohammed Ben Isma'il ben Ibrahim ben El-Moghîra ben Bardizbeh El-Djo'fi El-Boukhari. Il naquit à Bokhara dans la nuit du 12 du mois de Chaouâl de l'année 194 (19 juillet 810). On voit par généalogie qu'il était d'origine persanne et l'on sait que son arrière grand-père El-Moghira fut le premier de ses ancêtres qui embrassa l'islam. Quand à la conversion de El-Moghira, on rapporte qu'elle fut due à un gouverneur de Bokhara nommé El-Yamân El-Djo'fi, et ce fut à cette sorte de parrain que la famille emprunta l'ethneique El-Djo'fi qui dorénavant figura dans sa monenclature généalogique.

 

El-Boukhari était encore un tout jeune enfant quand il perdit son père. Ce fut sa mère qui dirigea son éducation et elle dut penser bientôt qu'il était appelé à jouer un rôle important dans l'islam. On assure, en effet que son enfant ayant complètement perdue la vue, elle adressa au ciel de ferventes prières et vit en songe Abraham qui lui annonça qu'Allah les avaient exaucées; en effet, dès le lendemain de cette apparition, El-Bokhari recouvrait complètement la vue. Si, à cette circonstance, on ajoute qu'il était mince et de petite taille, on voit que l'auteur du Sahih était d'une constitution délicate. Son activité et son intellignence devaient donc le porter à se livrer à l'étude d'une des sciences cultivées par les musulmans plutôt qu'aux travaux d'une nature physiquement plus active. Grâce à son intelligence et à sa mémoire prodigieuse El-Bokhari fit de si rapides progrés qu'à l'âge de 11 ans il possédait admirablement les hadiths qu'on lui avait enseignés. Il les étudiait avec tant de soin qu'il put reprendre son maître sur une erreur que celui ci commettait en citant une isnad. Or il ne s'agissait pas d'une simple inadvertance du professeur, mais d'une erreur qu'on commettait généralement faute d'avoir consulté un certain auteur qui avait donné la véritable leçon. A l'âge de 16 ans, ayant brillamment terminé ses études, El-Bokhari partit en pélerinage à la Mecque en compagnie de son frère aîné Ahmed et de sa mère. Puis , laissant rentrer seul à Bokhara son frère qui devait y mourrir peu aprés, il s'installa à la Mecque et s'y livra activement à la recherche de hadiths er de détails biographiques sur les râwi.

 

El-Bokhari avait 18 ans lorsqu'il publia son premier ouvrage intitulé: "Kitab sahaba wa tabi'ins wa akwalihim". Ce traité, ainsi que l'indique son titre, traitait des décisions rendues par les compagnons du Prophète (à lui bénédiction et salut) et ceux qui les avaient connus, en indiquant les diverses opinions qu'ils avaient pu avoir sur un même sujet. Son second ouvrage , publié peu de temps aprés, fut rédigé à Médine dans la mosquée du Prophète (à lui bénédiction et salut) sans doute à cause de l'importance toute spéciale que l'auteur attribué à la matière dont il s'occupait. Pour s'assurer de l'authenticité de la transmition d'un hadith, il fallait tout d'abord prouver que le râwi transmetteur et le râwi récepteur étaient contemporains et avaient communiqué entre eux. Ce fut exclusivement dans ce but que fut conçu et exécuté l'ouvrage intitulé " La grande histoire". El-Bokhari fit ensuite lui-même deux abrégés de son propre travail sous les titres de "L'histoire moyenne" et "La petite histoire". Ces travaux préliminaires terminés, El-Bokhari se mit à la recherche des hadiths et il en fit une abondante moisson en visitant les villes suivantes: Balkh, Merw, Nisapour, Rayy, Baghdad, Bassora, Kouf, la Mecque, Médine, Ouâsit, Misr, Damas, Quaïsariya, Ascalon et Emèse. Dans ces diverses localité, il rencontra 1080 personnes ou râwi, qui lui enseignèrent des hadiths, comme il le dit lui même, il ne faut pas comprendre dans ce chiffre ceux qui professaient la doctrine que la foi n'a besoin pour être sincère de se manifester ni par des paroles, ni par des actes (Quadariyouns).

 

Pendant qu'il accumulait ainsi les matériaux destinés à son grand ouvrage, à la composition duquel il devait employer seize années, El-Bokhari continuait à propager ses idées sur la foi en enseignant les hadiths lui même et en ayant soin d'insister sur les faits qui militaient en faveur de sa croyance (Manhaj salef) (1). L'un de ces arguments favoris étaient que l'on ne pouvait constater, ainsi que tout le monde l'admettait, comment la foi pourrait augmenter ou diminuer si elle ne se traduisait pas en actes extérieurs visibles. Cet enseignement, donné successivement dans le Hedjâz, dans l'Iraq et dans le Mawarennahar, fut fort suivi malgré la jeunesse du maître. Environ 70 000 auditeurs ou étudiants entendirent ces leçons et nombre de traditionnistes, devenus célèbres plus tard, s'honorèrent d'avoir été les disciples d'El-Bokhari. Avec ses récits coupés et ses isnad formés de séries plus ou moins longues de noms propres, la science des traditions exige une trés grande mémoire. Celle d'El-Bokhari était véritablement prodigieuse. Il était capable, dit-on, de réciter par coeur un livre entier rien qu'aprés l'avoir lu rapidement des yeux. Tout jeune encore il avait retenu dans sa mémoire 75 000 hadiths et il arriva plus

 

tard à en posséder plus de 200 000( avec l'isnad, chaine de transmetteurs) qu'il pouvait débiter sans la moindre hésitation. Quelques envieux, un jour, essayèrent de prendre à défaut le jeune prodige. Ils lui citèrent certains hadiths peu connus dans lesquels ils avaient modifiés trés légèrement le texte même l'isnad. L'épreuve tourna à leur confusion. Aprés avoir répondu tout d'abord à ses interlocuteurs qu'il ignorait les tradition qu'on lui citait, El-Bokhrari les repris ensuite une à une en corrigeant toutes les erreurs qu'on y avait introduites et en disant qu'il ne connaissait que ces hadiths qui étaient sans doute ceux que l'on avait voulu lui citer. Cette sûreté de mémoire, au moyen de laquelle il remettait sur pied les textes estropiés, valut à El-Bokhari le surnom de "Médecin des hadiths". Qu'allah lui fasse miséricorde.

 

 

 

(1) Cela pour contredire les dires de certains comme quoi El-Bokhari aurait soutenu la thèse qui dit que le coran et une création d'Allah (khlaq Allah) et non la parole d'Allah (kalam Allah). El-Bokhari dans ses dires et écris a toujours récuser ces fausses accusations, il disait à ses proches: celui qui affirme que je soutiens que le coran et "khalq Allah" est un menteur. (N.D.T)

 

 

 

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