HASSAD, Ghaïba, Namimah,

Publié le par Din

 

HASSAD, Ghaïba, Namimah, 

 Médire de quelqu’un, propager des ragots : certains s’en délectent. Mais à trop parler des autres, on finit par leur consacrer toutes nos conversations. Pourquoi ces potins ?


« J’adore dire du mal » Médire de quelqu’un, propager des ragots : certains s’en délectent. Mais à trop parler des autres, on finit par leur consacrer toutes nos conversations. Pourquoi ces potins ?

Ce type serait capable du pire pour réussir, « Savez-vous que le fils d’Unetelle a fait de la prison ? » :

médire, c’est le plus souvent, comme ici, tenir des propos malveillants, mais que l’on suppose fondés.

« Voilà d’ailleurs ce qui donne bonne conscience au propagateur de la rumeur », remarque le sociologue Jean-Bruno Renard.

Que son propos soit avéré ou non, le diffamateur justifie toujours son attitude par de bonnes intentions : informer ses interlocuteurs de la dangerosité potentielle de telle personne ou de tel groupe d’individus.

Pour créer du lien social De façon paradoxale, le médisant cherche à se faire bien voir :

sa critique est bénéfique, elle prouve qu’il "sait des choses" sur un tiers, tout en sous-entendant que lui-même vaut mieux que celui-ci. Dire du mal des autres, c’est donc indirectement dire du bien de soi.

 « Et de celui qui écoute », ajoute Jean-Bruno Renard.

 Derrière le propos médisant, on entend en effet : « Je vous raconte cela à vous parce que moi, je ne suis pas comme cela et parce que je sais que vous ne l’êtes pas non plus. »

Ce qui est également une façon de prouver à son confident que l’on mérite son estime. Mais si le médisant parvient à créer un lien privilégié avec son interlocuteur

– grâce à leurs "petits secrets" ! –

 c’est au détriment de la cohésion sociale puisqu’il s’érige en juge désignant les bons et les mauvais. Par manque d’estime de soi Pourquoi ne pas créer ce lien social en développant des sujets de conversation positifs, en parlant de ses centres d’intérêts plutôt que des travers d’autrui ?

Parce que, comme l’explique la psychothérapeute Isabelle Filliozat, « le médisant a l’impression de ne rien avoir en lui ». Il parle de son voisin, collègue, etc., à défaut d’autre chose, « ou parce qu’il considère que ce qu’il va raconter de lui-même n’est pas intéressant ». Le propos médisant doit le plus souvent être interprété comme un signal de détresse d’une personne qui n’a aucune confiance ni estime d’elle. Par envie De ce manque de confiance en soi découle la peur de s’affirmer. « Les personnes médisantes se sentent frustrées dans leur vie en général ou dans un domaine particulier », poursuit Isabelle Filliozat. Cette frustration fait naître en eux une colère. Et assumer cette colère serait reconnaître leurs propres faiblesses.

 « De fait, ils choisissent, souvent inconsciemment, de l’exprimer différemment, en la reportant sur les autres, et notamment sur ceux qui ont réussi là où eux n’ont pas osé s’affirmer. » C’est ainsi qu’on les entendra médire sur ce supérieur qui « a forcément dû magouiller pour en arriver là », ou sur cette voisine « tellement intéressée qu’elle a tout fait pour épouser un millionnaire »… Et la médisance de devenir, bientôt, l’expression de l’envie et de la jalousie.

 Par projection Dans d’autres cas, au contraire, on parlera beaucoup de ce qui nous rebute profondément : « Celui-là est un égocentrique », « Celle-là est radine »… « On va inventer ou montrer du doigt chez autrui des traits de caractère que l’on ne supporte pas, parce que ce sont justement des aspects que l’on possède en soi et que l’on ne peut accepter », explique le psychanalyste Philippe Grimbert. La médisance repose alors sur un phénomène dit de projection : on attribue à l’autre une part de soi-même que l’on refuse ou que l’on est consciemment incapable de reconnaître.

 

 


 

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