Le bien des innovateurs
Le bien des innovateurs
A chaque fois, cest la même chose. Dès que nous publions un avertissement des savants contre un groupe ou une personne, on nous écrit pour nous dire de craindre Allah, de ne pas diviser la communauté, et que nous ne sommes pas mieux queux. Nous rappelons que nous ne faisons que traduire, ce nest donc pas notre avis, mais celui des savants, et ces mises en garde reposent sur des faits, des preuves que bizarrement ces frères et surs ne veulent pas voir. Il est étonnant de constater combien on peut être aveuglé et ne pas voir les erreurs de ces prêcheurs. Abdullah ibn Abbas a dit aux khawarij : « Ne voyez-vous pas quil ny a aucun compagnon parmi vous ? », de même nous disons à tous ceux qui soutiennent tous ces groupes innovés et ces égarés : « ne voyez-vous pas quil ny a aucun savant avec vous ? ».
On nous dit aussi quil ne faut pas les critiquer et quils sont la cause de beaucoup de bien, par exemple pour Amr Khalid, ils prétendent que beaucoup de surs ont mis le voile par sa cause (et combien de frères ont laissé pousser la moustache ?), ou bien que tabligh fait rentrer des gens dans la religion. Nombreux sont ceux qui pensent que ce « bien » apparent justifie que lon ne dise rien sur eux, nombreux sont ceux qui pensent avoir une « dette » envers le tabligh ou tout autre groupe qui leur a fait découvrir la religion. Shaikh Al-Islam ibn Taymia répond à cette ambiguïté et nous montre quon ne peut pas utiliser tous les moyens pour arriver à un objectif, et quil ne suffit pas quil ait un « bien » apparent pour justifier une innovation.
On a interrogé Shaikh Al-Islam Ibn Taymia, le grand savant de lépoque, à propos dun groupe qui se réunissait pour commettre des grands péchés : tuer, détrousser les voyageurs, voler, boire de lalcool, et dautre péchés encore. Puis, un shaikh connu pour son bien et son suivi de la Sunna, a voulu les empêcher (de commettre ces péchés), mais il ne pouvait le faire quen les réunissant autour dun duff (tambour sans grelots), en chantant des poésies licites et sans flûtes. Après cela, une partie dentre eux se repentit et ainsi celui qui ne priait pas, volait et ne donnait pas laumône, sécartait désormais de ces ambiguïtés, accomplissait les obligations et séloignait des interdits. Ce qua fait ce shaikh est-il permis ? Etant donné les grands bienfaits qui en en découlé et sachant quil ne pouvait leur faire dawa que de cette manière ?
Le Shaikh, quAllah lui fasse miséricorde, a répondu :
« Louange à Allah, Seigneur de lUnivers, le fondement de la réponse à cette question, et toutes celles qui sy rapportent, est quil faut savoir quAllah a envoyé Muhammad (salallahu alayhi wasalam) avec la guidée et la religion de vérité afin de la faire triompher sur toutes les religions, et Allah suffit comme témoin. Et Il a parachevé pour sa communauté la religion comme Il dit : « Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée pour vous l'Islam comme religion. » (Al-Maida : 3). Et Allah a annoncé le bonheur à celui qui obéit (au prophète), et le malheur à celui qui lui désobéit. Allah dit : «Ceux obéissent à Allah et au Messager sont avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là! » (An-Nisa : 69). Et Il dit : « Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager aura (pour récompense) le feu de l'Enfer où il demeurera éternellement » (Al-Jinn : 23)
Et Allah a ordonné à Ses créatures de ramener leurs divergences dans la religion à ce avec quoi (le prophète) a été envoyé. Allah dit : « Ô vous les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux dentre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous divergez en quoi que ce soit, renvoyez (le jugement) à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation» (An-Nisa : 59). Et Allah nous a informé quil (Muhammad) appelle à Allah, au droit chemin, lorsquIl dit : « Dis: "Voici ma voie, j'appelle les gens à (la religion) d'Allah, avec science, moi et ceux qui me suivent. Gloire à Allah! Et je ne suis point du nombre des polythéistes. » (Yussuf : 108). Et Il dit : « Et en vérité tu guides vers un chemin droit, le chemin dAllah à Qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. Oui cest à Allah que revient toute chose » (As-Shura : 52)
Allah nous a informé quil (le prophète) ordonne le bien, et interdit le mal, quil rend licite les bonnes choses et rend illicite les mauvaises choses. En effet, Allah dit : « Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent mentionné chez eux dans la Thora et l'Evangile. Il leur ordonne le bien, leur interdit le mal, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui; ceux-là seront les gagnants. » (AlAraf : 157)
Le messager dAllah (salallahu alayhi wasalam) a ordonné tout le bien, et a interdit tout le mal. Il a rendu licites toutes les bonnes choses, et rendu illicites toutes les mauvaises choses. Il est rapporté dans le Sahih (dAl-Bukhari) quil a dit : « Allah na pas envoyé un messager sans quil ne lui soit obligatoire de diriger sa communauté vers le bien quil connaissait pour eux, et quil ne leur interdise le mal quil connaissait pour eux. » (Muslim). Al-Irbad ibn Sariyya rapporte : « Le Prophète nous a fait un sermon qui a fait trembler les curs et couler les larmes. Nous avons dit : ô messager dAllah, on dirait un sermon dadieux, que nous ordonnes-tu ? Il dit : « Je vous ordonne découter et dobéir, celui qui vivra parmi vous verra beaucoup de divergences, accrochez-vous à ma Sunna, et la sunna des Califes biens guidés après moi, accrochez-vous à elle, mordez-y avec vos molaires. Et prenez garde aux nouveautés (dans la religion), car toute innovation est un égarement. » (Abu Dawud, At-Tirmidhi). Le messager dAllah (salallahu alayhi wasalam) a dit : « Je nai pas laissé une chose qui vous éloigne du Feu sans vous en avoir parlé. » (At-Tabarani). Et il dit : « Je vous ai laissé sur une voie claire, de nuit comme de jour, ne sen écarte après moi quun homme voué à la perte. » (Ahmad)
Il y a beaucoup de preuves de ce grand fondement dans le Quran et la Sunna, et il est expliqué par les gens de science dans les livres comme Kitab Al-Itisam bil Kitab wa Sunna et comme lont fait lImam Al-Bukhari, Al-Baghawi et dautres. Celui qui saccroche au Quran et la Sunna sera parmi les alliés dAllah, pieux, et fera parti du groupe (parti) dAllah et Son armée des vainqueurs. Les pieux prédécesseurs, Comme Malik et dautres, disaient : « La Sunna est comme le bateau de Nuh (Noé), celui qui y monte est sauvé, et celui qui ny monte pas est noyé. ». Limam Az-Zuhri a dit : « Les savants passés disaient que saccrocher à la Sunna est le salut. »
Si lon sait cela, alors il est connu que ce par quoi Allah guide les égarés, oriente les pervers, et pardonne pécheurs, se trouve obligatoirement dans ce avec quoi Allah a envoyé Son prophète, du Quran et de la Sunna. Et si ce nétait pas le cas, alors la religion du messager dAllah (salallahu alayhi wasalam) serait incomplète, elle aurait besoin dêtre complétée. Et il faut savoir quAllah a ordonné (toutes) les bonnes actions, obligatoires ou recommandées, et quIl a interdit (toutes) les mauvaises actions.
Si lacte comprend à la fois un bienfait et un méfait, alors le Législateur est sage et Il légifère lacte dont le bien est plus grand, quand à (lacte) dont le mal est plus grand, il nest pas légiféré et est interdit, comme Allah dit : «Le combat vous a été prescrit alors quil vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de laversion pour une chose alors quelle est un bien pour vous. Et il se peut que vous aimiez une chose alors quelle est un mal pour vous. Allah sait et vous ne savez pas » (Al-Baqara : 216) et : « Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis: "Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens; mais dans les deux, le péché est plus grand que l'utilité. » (Al-Baqara : 219). Cest pour cela quAllah les a interdit.
De même que pour les actes par lesquels les gens pensent quils les rapprochent dAllah, et qui ne sont légiférés ni par Allah, ni par son Messager (salallahu alayhi wasalam), il est obligatoire que leurs méfaits soient plus grands que leurs bienfaits. Et si vraiment le bien était plus grand que le mal, le Législateur ne laurait pas délaissé, car le prophète (salallahu alayhi wasalam) est sage, il na pas négligé les bienfaits de la religion et il a montré aux croyants tout ce qui les rapproche du Seigneur de lUnivers.
Si cela est clair, nous disons à celui qui interroge : Le shaikh évoqué (dans la question) a voulu que se repente ce groupe qui se réunissait pour commettre de grands péchés, et cela ne lui était possible que de cette manière innovée. Cela montre que le shaikh est ignorant des manières légiférées par lesquelles se repentent les pécheurs, ou quil est incapable de les appliquer. Le messager dAllah (salallahu alayhi wasalam), les Compagnons et les tabiun faisaient dawa à des gens qui étaient pires (que ce groupe évoqué) parmi les gens de la mécréance, la perversité, des péchés, mais ils le faisaient de manière légiférée, sans avoir besoin de ces moyens innovés.
Il est interdit de dire : Il ny a pas dans les moyens légiférés, avec lesquels Allah a envoyé le messager, de quoi amener le repentir des pécheurs. Il est connu, par des transmissions nombreuses, quun nombre de gens que seul Allah connaît se sont repentis de la mécréance, de la perversité et de la désobéissance dans toutes les communautés à travers des moyens légiférés qui ne contiennent pas de rassemblements innovés cités (dans la question). Au contraire, les premiers parmi les Muhajirin et les Ansars sont les plus grands alliés dAllah de cette communauté, et ils se sont repentis dune manière légiférée, pas de manière innovée. Et les contrées musulmanes passées et présentes sont pleines de gens qui se sont repentis à Allah, lont craint et font ce quAllah aime et agrée de manière légiférée, pas innovée.
On ne peut pas dire que les pécheurs ne peuvent se repentir que de cette manière innovée, mais au contraire on peut dire quil y a parmi les mashaikh ceux qui ne connaissent pas ces moyens légiférés, qui en sont incapables, qui nont aucune science du Quran et de la Sunna, et de quoi prêcher et se faire entre des gens, afin quAllah leur pardonne. Cest pourquoi ce shaikh se détourne des moyens légiférés pour des moyens innovés, soit par bonne intention sil est religieux, soit pour les dominer et prendre leur argent en toute injustice comme Allah dit: «Ô vous les croyants ! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent les biens des gens illégalement et les empêchent (de suivre) le sentier dAllah » (At-Tawba : 34). On ne sécarte dun moyen légiféré pour moyen innové que par ignorance, incapacité ou mauvais dessein. Sinon il est connu que lécoute du Quran est lécoute des prophètes, de ceux qui savent, des croyants. Allah dit à propos des prophètes : « Voilà ceux qu'Allah a comblés de bienfaits, parmi les prophètes, parmi les descendants d'Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Noé, et parmi la descendance d'Abraham et d'Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant. » (Maryam : 58)
Et il dit, à propos des ceux qui savent : « Lorsquils entendent ce qui a été révélé au Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, pour ce quils ont reconnu de la vérité » (Al-Maida : 83). Et Il dit à propos des savants : « Ceux à qui la science a été donnée avant lui, lorsqu'on le leur récite, tombent, prosternés, le menton contre terre et disent: "Gloire à notre Seigneur! La promesse de notre Seigneur est assurément accomplie". Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur humilité. » (Al-Isra : 107-109)
Et à propos des croyants : «Les vrais croyants sont ceux dont les coeurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur. Ceux qui accomplissent la prière et qui dépensent [dans lobéissance à Allah] de ce que Nous leur avons attribué. Ceux-là sont les vrais croyants : à eux des degrés (élevés) auprès de leur Seigneur, ainsi quun pardon et une dotation généreuse» (Al-Anfal : 2-4)
Et aussi : « Allah révèle le plus beau des récits, un Livre dont (certains versets) se ressemblent et se répètent. La peau de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (lorsquils lentendent); puis leurs peaux et leurs curs s'apaisent au rappel d'Allah. Voilà le (Livre) guide d'Allah par lequel Il guide qui Il veut. Mais quiconque Allah égare, personne ne pourra le guider. » (Az-Zumar : 23)
Par cette écoute (celle du Quran) Allah a guidé Ses serviteurs, rectifié leurs vies et leurs destinations finales. Cest avec (le Quran) quIl a envoyé le prophète (salallahu alayhi wasalam), donné des ordres au Muhajirin, aux Ansars et à tous ceux qui les ont suivis dans la bienfaisance. Autour de cette écoute se réunissaient les pieux prédécesseurs, comme les compagnons du messager dAllah lorsquils se réunissaient, lun dentre eux lisait le Quran et les autres écoutaient. Umar Ibn Al-Khattab disait à Abu Mussa : « Rappelle-nous notre Seigneur », alors Abu Mussa lisait (le Quran) et Umar écoutait. Dans le Sahih dAl-Bukhari, on rapporte que le prophète (salallahu alayhi wasalam) passa près dAbu Mussa Al-Achari alors quil récitait, il lécouta, et lui dit : « Il a une voix semblable à celle de Dawud » et il lui dit : « Je suis passé auprès de toi hier, je tai écouté » puis Abu Mussa lui dit : « Si javais su cela, jaurais embelli plus encore ma voix.»
Dans le Sahih dAl-Bukhari, on rapporte que le prophète (salallahu alayhi wasalam) a demandé à Ibn Masud de lui lire le Quran, alors il lui dit : « Je te lis le Quran alors que cest sur toi quil est descendu ? ». Alors il dit : « jaime lentendre dautres que moi ». Alors Ibn Masud lit sourate An-Nisa jusquau verset : « Dans quel état seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin et que Nous te ferons venir, (Muhammad), comme témoin contre ceux-ci (les musulmans) ? » (An-Nisa : 41). Alors il lui dit : « Cela suffit ». Ibn Masud regarda vers lui, ses yeux débordaient de larmes. Cest aussi autour de cette lecture que se réunissaient ceux que le prophète (salallahu alayhi wasalam) a loué lorsquil dit : « Les meilleurs des gens sont ceux de ma génération, puis ceux qui les suivent, puis ceux qui les suivent » (Al-Bukhari).
Les pieux prédécesseurs ne se réunissaient quautour de cette lecture. Que ce soit dans le Hidjaz, au Yémen, au Cham, en Egypte, en Irak, au Maghreb. Ce nest quensuite quest apparue cette (autre) écoute innovée. Allah a loué ceux qui écoutent (le Quran), et Il a aussi blâmé ceux qui séloignent (de sa lecture). Allah a informé que (cette écoute du Quran) amène la miséricorde. Allah dit : « Et quand on récite le Quran, écoutez et taisez-vous, afin quon vous fasse miséricorde (d'Allah). » (Al-Araf : 204). Et Il dit : « Ceux qui lorsque les versets de leur Seigneur leur sont rappelés, ne deviennent ni sourds ni aveugles » (Al-Furqan : 73). Et Il dit : « Le moment nest-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs coeurs shumilient à lévocation dAllah et de ce qui a été révélé de la vérité [le Coran] ? » (Al-Hadid : 16). Et Il dit : « Et si Allah avait vu du bien en eux, Il aurait fait quils entendent. Mais, même sIl les faisait entendre, ils se seraient détournés (de la vérité). » (Al-Anfal : 23). Et Il dit : « Qu'ont-ils à se détourner du Rappel ? Ils sont comme des onagres épouvantés, s'enfuyant devant un lion. » (Al-Mudathir : 49-51). Et Il dit : « Qui est plus injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui sen détourne en oubliant ce que ses deux mains ont commis? » (Al-Kahf : 57). Et Il dit « Toutes les fois que Je vous enverrai un guide, celui qui [le] suivra ne ségarera pas et ne sera pas malheureux. Et celui qui se détourne de Mon Rappel, mènera une vie pleine de gêne, et le Jour de la Résurrection Nous lamènerons (au rassemblement) aveugle . Il dira : Ö Seigneur, pourquoi m'as-Tu amené aveugle alors quauparavant je voyais ? [Allah] dira : Tout comme tu as oublié Nos Signes qui te sont parvenus, aujourdhui tu seras oublié (laissé dans le châtiment) » (Ta-Ha 123-126). Et il y a beaucoup de versets dans le Quran qui ordonnent aux gens de suivre ce avec quoi a été envoyé le Messager (salallahu alayhi wasalam), du livre dAllah et de la sagesse (la Sunna), et leur ordonnent découter.
Et Allah a légiféré aux musulmans, découter aux prières du isha, maghrib, et fajr. Allah dit : « Accomplis la prière au déclin du soleil jusqu'à l'obscurité de la nuit, et (fais) aussi la Lecture à l'aube, car la Lecture à l'aube a des témoins. » (Al-Isra : 78). Ainsi, Abdallah ibn Rawahay a fait léloge du prophète (salallahu alayhi wasalam) en poésie en disant : « parmi nous le messager dAllah lisait son livre aux premières heures de laube. Il éloignait son flanc de son lit, lorsque les mécréants y restaient. Il est venu avec la guidée après la cécité et nos curs sont persuadés que ce quil dit va arriver. »
Létat de ceux qui écoutent (le Quran) est évoqué dans le livre dAllah : les curs craignent, les larmes coulent des yeux, la peau frissonne. Ce nest quaprès ces (trois premières) générations quest apparu (le rassemblement pour) lécoute des vers de poésie que les imams ont réprouvé. LImam As-Shafi-i a dit : « A Bagdad sont apparus des pervers (zanadiqa) qui tapent sur des tambours avec des bâtons et prétendent que cela attendrit les curs, ainsi ils détournent les gens du Coran. » LImam Ahmad a dit à ce sujet : « cest quelque chose dinventé ». On lui demanda : « Peut-on sasseoir avec eux ? » il répondit : « il ne faut pas sasseoir avec eux »
Donc, taper sur des tambours avec des bâtons et ce qui y ressemble à été réprouvé par les imams, alors que dire dautres (instruments). Les imams et les grands savants nassistaient pas à ces écoutes inventées. Comme Al-Fudhayl ibn Iyadh, Ibrahim ibn Adham, Abu Sulayman Ad-Darani, Maruf Al-Kurai et dautres encore. De même pour les savants contemporains comme shaikh Abdul-Qadir, Adi, Abu Madin, Abul Bayan, Abul Qasim Al-Hufi, Ali Ibn Wahb et dautres encore. Dautres y ont assisté et en sont revenus. On a interrogé Al-Junayd à ce propos et il dit : « Celui qui écoute est tombé dans la tentation, quand à celui qui passait par là, il sen repose. ». Al-Junayd a montré que celui qui désire cette écoute est tombé dans la tentation, mais quand à celui qui passe par là et entend sans le vouloir, il ne commet pas de péché.
Linterdiction concerne le fait découter et non dentendre, donc si un homme passe auprès de gens qui prononcent des paroles illicites, il nest pas obligé de boucher ses oreilles, mais il ne doit pas écouter, ainsi le prophète (salallahu alayhi wasalam) na pas ordonné à Ibn Umar de boucher ses oreilles lorsquil entendit la flûte dun berger, car il nécouté pas, mais seulement entendu.
Quant à la question : « Est-ce licite ou illicite ? », elle est trop globale, donc ambiguë. La règle nest pas claire au point que beaucoup de muftis ne donnent pas de réponse correcte, car cette écoute (et dautres) se fait de deux manières :
La première : Est-ce interdit ou non ? Comme cela se fait pour tous les actes par lesquels on prend du plaisir, par amusement comme lors des mariages ou autres, de ce que font les gens pour samuser, et non par adoration pour se rapprocher dAllah.
La deuxième : le faire par adoration, pour rectifier les curs, par amour des serviteurs pour leur Seigneur, pour purifier les âmes, faire bouger les curs par crainte, repentir, amour, attendrissement, et dautres choses encore qui font partie intégrante de ladoration et de lobéissance, et ne sont pas un amusement.
Il faut distinguer lécoute de ceux qui veulent se rapprocher, de celles de ceux qui samusent. Différencier lécoute dans les mariages, les fêtes, de celle qui est destinée à rectifier les curs et à se rapprocher du Seigneur des cieux. Il faut poser la question suivante : Est-ce un rapprochement (dAllah) et une obéissance ? Un chemin qui mène à Allah ? Sont-ils obligés de faire cela afin dattendrir les curs, de purifier leurs âmes, denlever la dureté de leurs curs, et dautres choses encore visées par cette écoute ? Comme le font les Chrétiens dans leurs églises, par adoration, obéissance, et non par amusement.
Si on sait cela, alors la véritable question est : Est-il permis à ce shaikh dutiliser ces méthodes qui sont, soit illicites, soit détestables, soit licites, comme un moyen de se rapprocher (dAllah), une adoration, une obéissance, un chemin qui mène à Allah, en prêchant (par ces moyens) à Allah, afin que se repentent les désobéissants, afin de diriger ceux qui sont perdus et de guider les égarés ?
Il est connu que la religion a deux fondements, il ny a de religion que dans ce quAllah a légiféré, et dillicite que dans ce quAllah a rendu illicite. Allah a critiqué les polythéistes car ceux-ci ont rendu illicite ce quAllah na pas rendu illicite, et ils ont légiféré dans la religion ce quAllah na pas permis.
Si on interroge un savant concernant un homme qui court entre deux montagnes, si ce quil fait est licite, il dira oui, mais sil le fait par adoration comme entre Safa et Marwa, alors la réponse est : sil le fait pour cela, cest illicite et détestable, il doit se repentir, sil refuse, il est tué.
De même, si on linterroge sur le fait de découvrir sa tête, shabiller du izar et du rida, il dira que cest licite, mais sil fait cela avec lintention de la sacralisation, alors cest illicite et détestable.
Si on linterroge concernant un homme qui reste sous le soleil, il dira que cest licite, mais si lhomme en question le fait par adoration, il dira que cest détestable et rejeté. Comme il est rapporté dans le Sahih dAl-Bukhari, daprès Ibn Abbas, le messager dAllah (salallahu alayhi wasalam) a vu un homme debout sous le soleil, le prophète (salallahu alayhi wasalam) dit : « Qui est-ce ? » On lui dit : « Cest Abu Israïl, il veut être sous le soleil, il ne veut ni sasseoir, ni se mettre à lombre, ni parler. ». Le prophète (salallahu alayhi wasalam) dit : « Quil parle, sassoie, se mette à lombre et continue son jeûne. ». Et sil avait fait cela par repos ou pour un but permis, on ne lui aurait pas interdit de le faire, mais comme il la fait par adoration, (le prophète) le lui a interdit.
De même, si lhomme rentre chez lui par derrière, cela nest pas illicite, mais sil fait cela par adoration comme cela était pratiqué à lépoque de lignorance lorsque lun dentre eux était en état de sacralisation il ne rentrait que par derrière. Cela leur a été interdit: « Et ce nest pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par larrière des maisons. Mais la bienfaisance consiste à craindre Allah. Entrez dans les maisons par leurs portes. Et craignez Allah afin que vous réussissiez ! » (Al-Baqara : 189). Allah a montré que cela nest pas un acte de bienfaisance, même si ce nest pas interdit (à la base), mais celui qui le fait comme un acte de bienfaisance, et de rapprochement (dAllah), est désobéissant, blâmable, innovateur, et linnovation est plus aimée du diable que le péché, car le pécheur sait quil est dans le péché et se repent, alors que linnovateur croit que ce quil fait est une obéissance et il ne se repent pas.
Ainsi, il y a celui qui assiste à cette écoute par amusement, ne voyant pas cela comme une bonne action, et nespérant pas à travers cette action une récompense. Et celui qui le fait en croyant que cest un chemin qui mène à Allah, et qui en a fait une religion, et si on le lui interdit, il est comme celui à qui on a interdit la religion. Il voit quon veut lempêcher (daller vers) Allah, quil nobtiendra pas de récompense dAllah sil délaisse cela (les écoutes de chant). Ceux là sont des égarés à lunanimité des savants, et aucun des imams ne dit que prendre cela comme religion ou chemin menant à Allah est permis. Celui qui prend cela comme religion, comme chemin menant à Allah, nest quun égaré, menteur, qui va à lencontre du consensus des musulmans. Et celui qui ne voit que lextérieur de lacte et ne regarde pas son action et son intention est un ignorant qui parle sur la religion sans science.
A ce sujet, on doit se demander : Ce quils font, est-il un chemin qui rapproche (dAllah), une obéissance quAllah et son prophète (salallahu alayhi wasalam) aiment, ou non ? Sont-ils récompensés pour cela, ou non ? Et si cela nest pas un rapprochement (dAllah) ni une adoration, et quils le font en pensant que ça lest, peuvent-ils croire cela ? Et accomplir cet acte de cette manière ?
Si la question est posée ainsi, il nappartient pas au savant qui suit le prophète (salallahu alayhi wasalam) de dire que cela est un rapprochement (dAllah), une obéissance, une forme dadoration, ou un chemin (qui mène à Allah). Ni même de dire que cest une manière de prêcher, ou que cest une chose quAllah a légiféré à Ses serviteurs : ni une obligation, ni une chose recommandée. Et ce qui nest ni obligatoire, ni recommandée nest pas une chose louée, ni une bonne action, ni une obéissance, ni une adoration, à lunanimité des musulmans.
Celui qui fait une chose qui nest ni obligatoire ni recommandée, en croyant que cest obligatoire ou conseillé, alors cest un égaré innovateur. Et son acte est interdit, sans aucun doute, surtout ceux qui ont pris cette écoute (des chants) innovée comme un acte auquel ils donnent la préférence sur lécoute du Quran, par goût et passion. Et il se peut quils lui donnent la préférence par croyance. Tu les vois écouter le Quran avec des curs inattentifs, en discutant, ils sont agités, et leurs âmes ne sapaisent pas. Et lorsquils écoutent le battement des tambours, des mains, là leurs curs écoutent, la relation sétablit entre ce qui est aimé (le chant) et celui qui aime, leurs voix shumilient, les gestes sont posés. Et il ny a plus de toux, déternuement, de vacarme, de vocifération, alors que sils lisent du Quran ou écoutent, cela leur pèse et cest une corvée. Comme sils écoutaient ce dont ils nont pas besoin, qui na pas dutilité, et lorsquils entendent la flûte du diable, ils aiment ça, lacceptent et leurs âmes sy adonnent.
Ils sont les soldats du diable, les ennemis du très Miséricordieux, ils pensent être parmi les alliés dAllah mais leur situation ressemble à celles des ennemis dAllah, les hypocrites. Car le croyant aime ce quaime Allah, et déteste ce que déteste Allah, il prend pour allié les alliés dAllah, il prend pour ennemi les ennemis dAllah. Alors queux, ils aiment ce quAllah déteste, et détestent ce quAllah aime, ils prennent pour alliés les ennemis dAllah et prennent pour ennemis les alliés dAllah. Cest pourquoi, ils subissent une chute diabolique, en fonction de ce quils pratiquent comme flûte du diable, et à chaque fois quils séloignent dAllah, de son Messager (salallahu alayhi wasalam) et du chemin des croyants, ils se rapprochent des ennemis dAllah, des ennemis du Messager (salallahu alayhi wasalam) et ils se rapprochent des soldats du diable.
Parmi eux, il en est qui volent dans les cieux, alors que cest le diable qui les porte, dautres qui terrassent les personnes présentes, alors que ce sont les diables qui le font, dautres encore qui font apparaître de la nourriture, des condiments, qui remplissent des cruches de nulle part, alors quen réalité, les diables sont à lorigine de cela. Les ignorants croient que ce sont des miracles des pieux qui craignent Allah, alors que ce sont les actes des devins, des sorciers, et dautres encore parmi les diables. Et celui sait distinguer ce qui vient du Miséricordieux de ce qui vient du diable, saura reconnaître le vrai du faux.
Source : Majmu Al-Fatawa (11/337-345)
Traduit par les salafis de lEst
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